Les Grands Moulins de Crossey
Un moulin de 1838, cinq hectares de nature, et un nouveau chapitre pour la Maison Bonnat.
Le projet
Un nouveau lieu pour poursuivre l'histoire
Malgré les extensions successives, les locaux historiques du Cours Senozan étaient devenus trop exigus pour accompagner le développement de la Maison. Il fallait un nouveau lieu, sans rompre avec les racines.
En 2018, Stéphane Bonnat acquiert les Grands Moulins de Saint-Étienne-de-Crossey, un site de 5 hectares situé à quelques kilomètres de Voiron. Un ancien moulin de 1838, au bord de la Morge, cette même rivière qui traverse Voiron et passe à quelques mètres de la boutique historique du Cours Senozan.
Fidèles à la tradition familiale, nous travaillons de père en fils dans les locaux de Voiron. Malgré les extensions successives, ils sont devenus trop exigus.
L'architecture
Quand un moulin de 1838 rencontre le XXIe siècle
Le projet a nécessité plusieurs années de travaux. Première étape : la dépollution et le désamiantage complet du site. Puis la réhabilitation de 2 000 m² du moulin existant, et la construction d'un bâtiment neuf de 2 400 m².
Le nouveau bâtiment s'inspire des imprimeries du XIXe siècle : de grandes baies vitrées, aucun mur aveugle, la lumière partout. Sa façade évoque une tablette de chocolat géante, un clin d'œil architectural à ce qui se fabrique à l'intérieur.
Le cadre est à la hauteur de l'ambition : la Morge traverse le domaine, la végétation entoure les bâtiments, et le site retrouve peu à peu l'aspect qu'il avait à l'époque du moulin d'origine.
C'est ici que sont désormais réalisées toutes les étapes de fabrication du chocolat : torréfaction, conchage, moulage, emballage. Un investissement de plus de 4,5 millions d'euros, soutenu en partie par le plan France Relance.
Environnement
Produire autrement
Le site a été conçu pour produire une part significative de son énergie sur place, grâce à des installations renouvelables, notamment des panneaux solaires. L'objectif affiché est ambitieux : atteindre l'une des empreintes carbone les plus faibles pour la production de chocolat en Europe.
Fabriquer un chocolat d'exception en limitant son impact : c'est la même exigence appliquée à la terre qu'aux fèves.
La Morge
Une rivière, deux lieux, la même histoire
Ce n'est pas un hasard si la Maison Bonnat s'est installée au bord de la Morge. Cette rivière de 27 kilomètres, née dans les marais de Saint-Aupre au pied de la Chartreuse, descend à travers les gorges de Crossey avant de traverser Voiron — où elle passe à quelques mètres de la boutique historique du Cours Senozan, cachée sous les rues depuis plus d'un siècle.
C'est la Morge qui a fait tourner les moulins de la vallée depuis le Moyen Âge. C'est elle qui alimentait les forges, les papeteries, les soieries qui ont fait la prospérité de Voiron au XIXe siècle. Les Grands Moulins de 1838 doivent leur existence à sa force motrice. Et c'est au bord de ses eaux que le chocolat Bonnat est désormais fabriqué.
Le 5 juin 1897, un orage d'une violence inouïe transforme la Morge en torrent. Six mètres d'eau déferlent sur Voiron. Des ponts s'effondrent, des usines sont dévastées, l'église Saint-Bruno perd son perron. C'est à la suite de cette catastrophe que la rivière sera canalisée et enterrée sous le centre-ville — là où elle coule encore aujourd'hui, invisible, sous les pas des Voironnais.
Aujourd'hui, la Ville de Voiron travaille à lui redonner sa place : des projets de renaturation prévoient de rouvrir la Morge dans le centre, de réaménager ses berges, de retrouver la fraîcheur et la végétation qu'elle apportait autrefois. La même rivière qui relie le nouveau laboratoire à la boutique pourrait bientôt, à nouveau, couler à ciel ouvert dans Voiron.
Le verger
260 griottiers pour sauver une variété oubliée
À quelques pas de l'atelier de production, un hectare de terrain autrefois laissé à l'abandon accueille depuis 2019 un verger d'un genre particulier : 260 griottiers Reine Hortense, une variété endémique du Voironnais aujourd'hui quasiment disparue.
Stéphane Bonnat utilisait depuis toujours ces cerises à la chair juteuse et légèrement acide, parfaites pour accompagner le chocolat — en sirop, en compote pour les glaces, intégrées dans les pâtisseries de la Maison. Mais les producteurs locaux qui l'approvisionnaient ont cessé leur activité les uns après les autres. Plutôt que de renoncer, la décision a été prise de planter un verger sur le nouveau site.
Les arbres poussent, la récolte augmente chaque année. D'ici 2030, le verger devrait atteindre sa pleine maturité et couvrir les besoins de l'atelier.
Deux lieux, une Maison
Voiron et Crossey
Le déménagement de la production n'est pas une rupture : c'est un déploiement. Voiron reste le cœur historique de la Maison, Crossey en devient le poumon industriel.
Crossey
Toute la fabrication du chocolat, de la fève à la tablette. Le nouveau poumon industriel de la Maison.
Voiron — Boutique
La boutique du Cours Senozan reste ouverte, avec toute la gamme de tablettes, bonbons, pâtisseries et confiseries. L'accueil et l'âme de la Maison.
Voiron — Patrimoine
Les locaux historiques de 1884 conservent un trésor : près de 100 machines anciennes, de 1760 à 2010. Un futur espace de visite et de mémoire.